Le document unique, sans jargon.
Ce qu’il est, qui doit l’avoir, ce qu’il contient, et ce qui se passe quand on ne l’a pas.
C’est quoi, exactement
Le document unique d’évaluation des risques professionnels — le DUERP, ou simplement « document unique » — est un document écrit dans lequel l’employeur recense les risques auxquels son équipe est exposée, et les mesures prises pour les réduire.
Le mot « unique » ne veut pas dire qu’il est spécial : avant, il fallait tenir plusieurs registres séparés, on a tout regroupé dans un seul document.
Qui doit l’avoir
Tout employeur, dès le premier salarié. Il n’existe pas de seuil d’effectif en dessous duquel on en est dispensé. Un apprenti, un extra du samedi soir, un saisonnier, un temps partiel : ce sont des salariés.
Si vous travaillez seul, sans salarié, vous n’êtes pas concerné aujourd’hui. Vous le deviendrez à votre première embauche.
Ce qu’il doit contenir
- L’inventaire des risques, unité de travail par unité de travail.
- Une appréciation de leur gravité et de leur fréquence.
- Les mesures de prévention déjà en place.
- Les actions à mener, hiérarchisées.
- Une date. Un document non daté ne prouve rien.
Les unités de travail en restauration
C’est le squelette du document, et c’est là que les modèles génériques échouent. Dans un restaurant, on distingue en général la cuisine chaude, la cuisine froide, la pâtisserie, la plonge, la salle, le bar, la caisse, la réception des marchandises et l’entretien. Chacune a ses risques propres.
Un salarié polyvalent qui fait plonge et service cumule les expositions des deux. Ça doit apparaître.
À quelle fréquence le mettre à jour
La règle de bon sens : au moins une fois par an, et à chaque fois que quelque chose change réellement — un nouvel équipement, un poste modifié, des travaux, un accident. Les obligations précises de mise à jour varient selon l’effectif de l’entreprise ; en pratique, la revue annuelle est la bonne habitude à prendre.
Où le ranger, à qui le montrer
Votre équipe doit pouvoir le consulter. Le plus simple est d’afficher un avis indiquant où il se trouve, à côté des autres affichages obligatoires. Il doit aussi pouvoir être présenté à l’inspection du travail, au médecin du travail et aux agents de la caisse de sécurité sociale.
Conservez vos versions successives : elles montrent l’évolution de votre démarche dans le temps.
Ce que vous risquez sans
L’absence de document unique est une infraction, sanctionnée par une amende. Mais la sanction n’est pas le vrai sujet. Le vrai sujet, c’est l’accident : le jour où un salarié se blesse, l’absence d’évaluation des risques est ce qui transforme un accident en faute.
Et en restauration, les accidents ne sont pas théoriques. Coupures, brûlures, chutes de plain-pied : le secteur est l’un des plus exposés.
Et si je le fais moi-même ?
C’est parfaitement possible, et c’est même l’esprit du texte : personne ne connaît votre établissement mieux que vous. Des trames gratuites existent, notamment auprès de l’INRS et de votre service de prévention et de santé au travail, auquel vous cotisez déjà. Des générateurs en ligne payants existent aussi, autour de cinquante euros.
Ce qu’on vend, ce n’est pas un accès à un document. C’est le fait de ne pas avoir à s’en occuper, et une rédaction qui parle vraiment de votre métier.
Cette page est une présentation générale, écrite pour être comprise vite. Elle ne remplace pas les textes officiels et ne constitue pas un conseil juridique. Pour votre situation précise, consultez service-public.fr, l’INRS, ou votre service de prévention et de santé au travail.
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